1993/96 - Voiles de polymère
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Les peaux de peinture - Un vertige qui va vers l’’abime.

...La couleur est jouissance, d'autant plus que la puissance stupéfiante et emphatique des couleurs s'associe à leur texture quasi-dermique, se touchant, se recouvrant, pour ne plus être peinte mais pour s'empiéter en direct, s'abandonner lyriquement à l'érotisme des tendances naturelles de cette matière. Alors le visible se recouvre pour devenir invisible, pour être densément replié sur le sensible, celui d'un désir que déjà Saint Augustin décrivait comme ““rerum absentium concupiscenta”” (le désir est la concupiscence de la chose absente)...

...Par le regard, j'affleure, j'effleure, je saisis, je suis saisi par la tridimensionnalité (le relief) de ces dermes colorés pour mieux jouir, comme Lacan qui déclare, présentant Sainte Thérèse sculptée par le Bernin : ““Et de quoi jouit-elle? Il est clair que le témoignage essentiel des mystiques, c'est justement de dire qu'ils éprouvent, mais qu'ils n'en savent rien.””; comme Georges Bataille qui dans Madame Edwarda, nous propose cette femme folle qui au travers des plis de ses guenilles dénudant les lèvres de son sexe ouvert, hurle que c'est dieu. L. Gillard 1993